L'eau ou le sable ?
Abraham a négocié avec
Avimélekh pour qu'un consensus puisse être trouvé
entre eux afin que l'eau, denrée précieuse dans ces contrées
désertiques, soit partagée équitablement. Le texte
scripturaire insiste sur le fait que la demande a été formulée
par Avimélekh, roi des philistins. Abraham a conclu un pacte avec
ses voisins qui doit durer pour au moins trois générations.
La hache de guerre est enterrée. Le festin de la réconciliation
est célébré. (Genèse ch.21 v.22 à 34)
Après la mort d'Abraham, Isaac son fils, creuse un puits pour récupérer
l'eau désaltérante qui assouvira la soif de ses troupeaux.
Ses bergers lui annonce la bonne nouvelle. Le puits est trouvé.
Mais aussitôt les bergers philistins le rendent inopérable
parce qu'il le remplissent de sable. A la deuxième tentative, le
résultat est aussi néfaste que le premier. Il a fallu une
troisième tentative. Les bergers d'Isaac réussissent pour
la troisième fois à trouver un puits qui ne sera pas contesté.(
Genèse ch.26 v. 15 à 32)
Abraham est connu pour un grand pacifiste. Il a su avec patience et persévérance
donner au monde le monothéisme. Il a mené des négociations
assez "douloureuses" pour céder une partie de son eau
aux philistins. Il existe un pacte paraphé par les deux parties.
L'intérêt dans cette affaire avantage Avimélekh et
son peuple. Abraham a certes, épargné à sa tribu
les affres d'une guerre et de ses conséquences. Ce n'est pas négligeable.
Mais il n'a pu profiter de ce temps de paix qu'à sa mort.
Si l'eau semble un enjeu politique et social, pourquoi les bergers philistins
ont-ils utilisé l'obstruction de puits par du sable, ennemi de
tous les habitants de cette partie du monde. Pourquoi avoir fait recours
à la terre brûlée, en temps de paix, pour que personne
ne puisse vivre décemment.
Il y a là une contradiction flagrante. Les philistins préféraient
un puits sans eau pour tout le monde pourvu qu'Isaac et ses bergers ne
puissent survivre. Le pays deviendra un désert aussi bien pour
les hébreux que pour eux mêmes. Ils ne supportaient pas l'idée
d'un pacte de bon voisinage avec ces hommes et ces femmes parce qu'ils
les dérangeaient aussi bien dans leur mode de vie que dans leur
idéologie.
Je ne peux m'empêcher de trouver quelques similitudes avec les exactions
palestiniennes actuelles. On crie à qui veut l'entendre que le
Raïs palestinien ne cherche avec son voisin que "la paix des
braves". On fustige Israël d'avoir "la nuque roide"
parce qu'il n'entend pas les pleurs versés par des enfants et des
femmes palestiniens devant la catastrophe économique et la récession
de cette région.
Mais on omet de signaler en permanence cette vérité criante
que les bombes inhumaines de ces mêmes enfants palestiniens n'ont
qu'un seul but : Tuer un maximum de juifs, civils ou militaires, adultes
ou enfants, parce qu'il y a l'enseignement de la haine dans les écoles
palestiniennes depuis des décennies. On oublie de dire parce que
ce n'est pas politiquement correct, qu'Israël a pris en charge une
partie du fardeau économique des habitants palestiniens qui franchissent,
encore, la frontière pour venir travailler sur le sol israélien.
Aucun pays arabe frère n'a donné sa chance à ces
êtres "martyrs" pour qu'ils puissent construire leur région.
Ils ont choisi d'abreuver les veuves et les orphelins de dollars, comme
si l'argent peut compenser une vie, une jeunesse, un être qui n'ira
pas au Paradis. Ils prétextaient en permanence leur désintéressement
à la cause par une prétendue légitimité de
recourir à la guerre de "cent ans" pour " libérer
" toute la Palestine. D'autres faits sont connus de tous qui ont
à plusieurs reprises montré la détermination d'Israël
de vivre en paix avec ses voisins. Comme d'autres faits sont connus de
tous que ces mêmes voisins veulent la paix sans la présence
d'Israël.
Isaac n'a pas fait comme son père. Il a arrêté toute
négociation. Il a certes perdu des puits mais il en a cherché
d'autres. Il n'a pas désespéré et comme son père
cette fois, il a fait comprendre que ce pays lui était destiné,
qu'il n'avait pas à le quitter. Dans la tradition juive, Abraham
a momentanément quitté le pays de Cannaan pour des raisons
économiques. Jacob, le fils d'Isaac, a dû lui aussi abandonner
le pays de ses pères pour une vingtaine d'années, le temps
de se réconcilier avec son frère jumeau Esaü. Tous
les deux sont revenus. Tous les deux ont négocié leur présence.
Isaac n'a jamais abandonné sa terre. Il n'avait pas le droit de
vivre ailleurs.
Certains israéliens et pas
les moindres se prétendent vivre sur ce sol ancestral comme le
patriarche Isaac.
Est-ce pour cette raison que les fils d'Ismaël ne reconnaissent pas
à Isaac le droit d'exister ? Est-ce un fait nouveau qu'Ismaël
essaie d'occulter Isaac ? les théologiens devront discuter encore
longtemps pour résoudre un fait thoraique qui est, je crois, la
première impasse qui bloque toute solution dans ce Proche Orient
de toutes les discordes. Pendant ce temps, nous devrons vivre en jetant,
de temps en temps, un coup d'il sur ces écrits qui n'ont
pas fini de dévoiler nos questionnements, certes, mais aussi le
bout d'un tunnel qui s'allonge chaque jour.
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Rabbin Salomon MALKA
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