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Le Mot du Sage
"Un
moment de Techouva et de bonnes actions vaut tout le bonheur du
monde à venir."
(Traité Avoth)
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Veille de
Roch Hachana
22 septembre 2006
Allumage
18h33 à 18h48
Fin de la fête
24
septembre 2006
20h29 |
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En
cette veille de Roch Hachana 5767 il me tient à cœur
de vous communiquer mes voeux de bonne santé, et de douce
et heureuse année pour vous et tous ceux qui vous sont
chers.
On
dit souvent que lorsqu'un juif est perdu dans une ville, il se
rend à la synagogue pour retrouver ses frères.
Le
poids du travail, la fatigue, les difficultés de la vie
sont autant de sources d’impatience, pour autant l’enseignement
de Shamaï doit rester vivant : « Accueille tout homme
avec un beau visage ». Que ce soit Shamaï, le représentant
de la rigueur, qui exprime une telle devise doit nous faire réfléchir.
Accueillir l'autre avec un visage souriant pour mieux l'écouter,
le conseiller, l’éclairer, l’édifier
voilà, à mes yeux, une vertu capitale.
L'écoute
n'est-elle pas la qualité cultivée par le judaïsme
contre le voir ?
Même
lorsque la Torah dit : « Vois, je place devant toi la bénédiction
et la malédiction », il s’agit bien d’un
regard de l’esprit. Les versets se référant
à l’écoute sont pléthoriques : «
Écoute Israël…, Ecoute mon fils… Nous
ferons et nous écouterons… Béni sois-Tu Hashem…
qui nous a ordonné d’écouter la voix du shoffar»
Nous connaissons tous ce texte de Sanhédrin 98 a qui souligne
que la venue du Mashiah dépend du verset : « Aujourd’hui
si vous écoutez Sa voix ».
Mais
cette écoute humaine n’est que le pendant de l’écoute
divine. Comme l’enseignent nos sages : L’écoute
humaine « provoque » l’écoute divine.
Pendant
toutes les téfilot (les offices) des yamim noraïm
(jours redoutables) nous demanderons à Hakadosh Baroukh
Hou d'entendre nos supplications, nos prières, notre voix,
Lui qui « écoute les sonneries de Son peuple Israël
avec miséricorde. » Nous savons évidemment
qu'il ne s'agit pas d'une simple écoute auditive, mais
bien d'une attention particulière de la Providence à
notre égard.
En
considérant que tout « réveil d'en haut »
reste lié au « réveil d'en bas », nous
voici informés de la manière dont nous-mêmes
devons écouter et comment nous devons nous comporter vis-à-vis
d'autrui. Deux oreilles pour une seule écoute.
Celui
qui vient frapper à notre porte, vient souvent avec son
problème, sa douleur, sa colère. En s’adressant
à nous, il cherche une réponse, une thérapie,
un apaisement. Telle est notre vocation, mes chers collèges,
d’offrir la réponse, la téchouva, en préservant,
autant que faire se peut, la paix des cœurs. Car : «
Ses voies sont belles, et tous ses sentiers sont paix »
nous rappelle le roi Salomon dans ses Proverbes (III, 17).
En
ce temps de retrouvailles avec notre communauté, en ce
temps de solidarité fraternelle avec nos sœurs et
frères israéliens, dans ce moment propice de retrouvailles
avec nous-mêmes, méditons ce verset central qui définit
notre essence juive : « Maintenant, si vous écoutez
Ma voix et si vous gardez Mon alliance, vous serez un joyau au
milieu de tous les peuples – car toute la terre est à
Moi » (Ex. XIX, 5).
A
l’analyse le verset pose bien le rapport direct entre notre
qualité de « peuple joyau », am ségoula,
et l’écoute de la parole divine, cette parole qui
nous enjoint en permanence de rester en éveil, et conscient
de notre responsabilité, dans le souci de l’autre,
et dans la recherche en fraternité.
Que
vous soyez, tous, inscrits dans le livre de la vie, de l’étude
et de la santé, et que Hakadoch Baroukh Hou entende toutes
nos prières pour la paix en Israël et dans le monde.
David MESSAS
Grand Rabbin de Paris
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