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| INVITATION DU GRAND RABBIN D’ISRAEL A PARIS PAR LE CONSISTOIRE DE PARIS
Le Grand Rabbin d’Israël, Shlomo Moshé Amar, en réponse à une invitation qui lui avait été faite par le Grand Rabbin de Paris et le Président du Consistoire de Paris, est venu rendre visite à la Communauté juive de Paris Ile-de-France du vendredi 31 mars au Dimanche 2 avril.
Le premier axe fut l’organisation d’une rencontre entre le Grand Rabbin d’Israël et les Rabbins et Présidents de communautés consistoriales de Paris et de la région parisienne pour un échange sur les relations entre Israël et son rabbinat, et la communauté juive de France.
Le second axe qui devait orienter cette visite à Paris fut l’hommage rendu aux victimes de la Shoah au Mémorial de la Shoah avec une rencontre inter religieuse au plus haut niveau, réunissant les responsables religieux de Paris et de la région parisienne. ![]() © Alain Azria
La rencontre avec Monseigneur André Vingt-Trois, Archevêque
de Paris, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris,
et Jean-Arnold de Clermont, Président de la Fédération
Protestante de France, se déroula comme prévu. L'ensemble
des personnalités présentes ont rendu hommage au Grand
Rabbin d'Israël et ont tenu des propos convergents sur le thème
de la tolérance, du respect de l'autre, de l'éducation,
de la mémoire. Ils ont insisté sur la necessité
de défendre ce qui rapproche les religions au détriment
de ce qui les sépare. La Directrice de la Fondation pour la Mémoire
de la Shoah, Mme Anne Marie Revcolevschi était également
présente à cette rencontre. Le troisième axe orientant la visite du Grand Rabbin d’Israël à Paris fut un hommage à des personnalités rabbiniques et communautaires qui nous ont quitté récemment et ont particulièrement marqué notre communauté. La première personnalité : le Rav Chalom Messas, Grand Rabbin de Jérusalem, Grand Rabbin francophone, père du Grand Rabbin de Paris et, étant d’origine marocaine, était particulièrement attaché à un nombre important de nos coreligionnaires. La seconde personnalité rabbinique, le Rav Nessim Rebibo qui a été Av Beth Din du Beth Din de Paris pendant plus de douze ans et qui a disparu soudainement il y a de cela un an et demi. La troisième personnalité communautaire, M. David Cohen, Président Fondateur du Centre Rambam, centre ayant pour objet, la promotion du judaïsme marocain, mais qui, au delà de ce premier objectif, a été à l’origine du renouveau du judaïsme du 17° arrondissement de Paris.
Il
faut noter que le chargé d’affaires de l’ambassade
d’Israël, M. Barak et le député du seizième
arrondissement, M. Claude Goasgen se rendirent à l’office
du Chabbat matin pour honorer la mémoire de Rav Chalom Messas
et pour rencontrer le Grand Rabbin d’Israël. La
première eut lieu avec Mme Ruth Halimi, la mère de Ilan
Halimi pendant plus d’une heure au cours de laquelle, le Grand
Rabbin et son épouse lui tinrent des propos et de soutien.
Paniers de Pessah Le Consistoire de Paris et ses communautés ont coordonné leurs efforts pour participer financièrement à la distribution des colis de Pessah. Le montant de cette aide représente près de 200 000 Euros. Cette contribution, qui fait partie de nos devoirs religieux, permet de soulager la misère ou les difficultés de nos coreligionnaires et de leur permettre ainsi de célébrer dignement le séder en famille. Le Consistoire de Paris remercie toutes les communautés et tous les généreux donateurs qui ont participé à cette action de solidarité et de générosité. |
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Le chemin de la délivrance Dans l’histoire étrange d’Israël, tout a commencé avec l’esclavage en Egypte. L’embryon du peuple hébreu s’est développé par un nombre insignifiant de soixante dix âmes, qui se rendaient dans un pays d’accueil : l’Egypte. La Thora et nos Sages ne condamnent aucunement le troisième patriarche Jacob qui, pour des raisons humanitaires, s’est déplacé, corps et biens, dans un lieu d’exil aussi paradisiaque que le pays de Gochen, enclave égyptienne. Il aurait dû descendre avec une délégation pour quelques semaines, voire quelques mois. Il avait le temps de voir son fils Joseph, saluer les performances de l’illustre vice-roi et retourner vers son pays d’attache : le pays de ses ancêtres. Dans la Haggada : récit lu pendant la soirée pascale, on justifie cette bifurcation comme inéluctable. C’est une décision du Ciel qui devait se réaliser de deux manières. Si la venue de Jacob et de sa tribu s’est déroulée sans heurt ni menace, c’est par égard pour le vieil homme. Cette méthode a eu le mérite de n’avoir pas fait souffrir Jacob dit Israël, comme si D. voulait lui prouver sa satisfaction et l’honneur réservé à ceux qui suivent Sa voie. La seconde manière aurait pu être plus musclée, donc contraignante, voire une descente, les fers aux pieds comme un vulgaire esclave (Chabbat 89b). Le temps était venu pour mettre à exécution la parole de D. promesse faite à Abraham, père du monothéisme dans le livre de la Genèse au ch.15 v.13 et commentée dans le traité Bérahot 9b. Le passage par la chape de plomb pour les mâles hébreux, adultes, (sans compter les femmes et les enfants) ayant vécu durant deux cent dix ans dans l’Egypte du Pharaon sanguinaire et barbare, va promouvoir la capacité de ce peuple à résister aux tentacules de l’intégration et donc de l’assimilation. Un deuxième élément et non des moindres sera sans conteste, la connaissance et l’omniprésence de D. dans l’histoire de ce peuple. A partir de la sortie d’Egypte, D. et le peuple d’Israël formeront une unité intangible, indissociable. Le monde païen d’abord, puis la planète Terre, découvriront de gré ou de force la place divine dans la marche de l’univers. C’est un des messages forts que Moïse assène aux dirigeants Egyptiens en même temps que les dix plaies qui pleuvent sur les égyptiens. Les premiers chapitres du livre de l’Exode les mentionnent clairement. La découverte de D., disent nos Sages, a permis au peuple esclave de se débarrasser des éléments intérieurs au monde hébreu qui ne croyaient pas à la puissance céleste et qui les bloquaient en quelque sorte la sortie vers la liberté (Rachi sur Exode ch.10 v.22). Ainsi, pendant les ténèbres, neuvième coup, les quatre cinquièmes du peuple hébreu ont péri. Pour la société égyptienne et pour le Pharaon qui s’est propulsé être suprême, ayant des pouvoirs divins, le réveil est rude. D. du Ciel, unique et sans pareil, ne peut laisser quiconque usurper sa place. Cette leçon historique est gravée dans nos cœurs. Grâce à l’éducation de base, souvenir permanent de la sortie d’Egypte, nous vivons, convaincus, du non retour à la servitude physique et spirituelle. Nous avons un sens inné des velléités esclavagistes, individuelles ou collectives, pour nous prémunir et les éviter. Notre survie deux fois millénaire, pendant l’exil en est la preuve criante. Le chemin du retour A la fin des temps, selon nos Sages, les miracles de la sortie d’Egypte s’estomperont. On ne se souviendra que des événements de Pourim ou de Hanouka (commentaire sur le livre d’Esther ch.9 v.28). La sortie d’Egypte n’aura été qu’un prélude avant coureur pour mieux appréhender les temps messianiques. L’aspiration de chaque être juif, est de croire en la venue du Messie. Maimonide place cette donnée comme primordiale. Le Choulhan Aroukh : le code de la Loi, attribue le titre d’incroyant et de blasphémateur à quiconque rejette cette profession de Foi. D. a promis au peuple hébreu qui supportait le joug égyptien, de le faire sortir de ce monde carcéral mais aussi de lui attribuer une terre, celle où ont résidé les trois patriarches. Le chemin du retour des enfants de Jacob donc d’Israël a été tracé par Abraham, Isaac et Jacob selon la promesse divine (Exode ch3 v. 8). Moïse a repris les termes de cette promesse à son compte et a exécuté les paroles célestes sans rien ajouter ni retrancher. D., au terme de la dixième plaie a exigé de Moïse de demander aux enfants d’Israël de « récupérer » l’argent et l’or que l’Egypte a amassé sur leur dos. Cette exigence à première vue, superflue, faisait partie de la promesse divine à Abraham. Les commentateurs considèrent que la sortie d’Egypte, sans cette exigence, n’aurait pas été totalement accomplie parce qu’il s’agissait de la promesse de D. (Genèse ch.15 v.14) Il a fallu quarante ans pour amener à bon port ce peuple totalement affranchi. A la veille de l’entrée du peuple hébreu en terre de Canaan, D. met les pendules à l’heure. La terre a « vomi » ses habitants à cause de leur comportement. Le peuple d’Israël pourrait subir le même châtiment s’il se détournait du chemin tracé. C’est ainsi que les prophètes vont justifier la destruction des deux Temples. C’est ainsi, aussi, qu’ils vont préparer cette nation aux deux exils. Mais les paroles prophétiques ne se limitent pas à une litanie de malheurs. Aucun des prophètes n’a voué à ce peuple une fin tragique sans rémission. Au contraire, tous les envoyés de D. ont rappelé, sans cesse que ce détour de la Terre n’est que provisoire. Il y aura retour. Véchavou banim ligvoulam, les enfants reviendront dans leur territoire, dit le prophète Jérémie. (Ch. 31 v. 17) Les deux mille ans du dernier exil ont montré que les nations se sont acharnées pour démentir la volonté divine. Sous des prétextes fallacieux, liés à notre comportement, différent et original, de vouloir vivre dans les pays d’accueil sans perdre notre âme, elles nous ont livrés à la vindicte populaire, pour nous pousser hors des chemins afin de ne plus reconnaître l’horizon de la délivrance, celle de la Jérusalem éternelle. Les religions, nourries aux fondements du Judaïsme, se sont substituées au peuple d’Israël pour l’écarter et défier les prophètes et leurs prédictions. Le constat est sans appel : dans le concert des nations, le peuple juif est toujours présent en ce début du troisième millénaire comme il l’a été au cours des millénaires précédents. Notre conviction affirme que les temps messianiques sont proches. Nous vivons certainement, les derniers soubresauts des douleurs de l’enfantement.. La sortie d’Egypte, premier pas d’un destin fabuleux, a été suivie par une odyssée et une expérience uniques. Le joyau, c’est à dire la Torah, écrite et orale, nous a protégé durant ce périple cahoteux. Cette expérience et cet apprentissage de la vie nous ont permis d’espérer et de concrétiser nos rêves. Rabbin Salomon MALKA |
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