LA LETTRE DU CONSISTOIRE

21 mai 2007  
4 sivan 5767
 

 

C H A V O U O T

23 et 24 mai 2007 - 6 et 7 Sivan 5767

Mardi 22 mai 2007

Veillée d'études dans toutes les synagogues


Mercredi 23 mai 2007
à 9h00


Lecture des 10 Commandements
dans toutes les synagogues

 

Renseignements auprès de votre Communauté ou au 01.40.82.26.10

 

 

 

La pérennité se conjugue avec l’unité !

La notion d’unité du peuple est centrale dans le judaïsme. Cette unité n’a jamais été évidente, quand nous pensons aux conflits qui opposèrent les tribus du Nord et celles du Sud à la mort du roi Salomon, à l’opposition entre les mitnaguedim et les hassidim au XVIIIème siècle, ou encore aujourd’hui aux tensions entre laïcs et religieux en Israël. Au fond, l’unité constitue notre idéal.

Cette idée nous la trouvons en particulier à propos du don de la Torah. En effet, nos commentateurs font remarquer que c’est parce que tout le peuple d’Israël se trouvait uni au pied du Sinaï que D. put donner la Torah. Pour autant, cette notion d’unité ne peut demeurer un pur concept et implique une philosophie politique. Et s’il y a un principe cher au coeur du Consistoire, notre institution bicentenaire, c’est bien cette vocation unificatrice.

• Unité cela signifie aujourd’hui rester ouvert à toutes les tendances de la communauté.
• Unité cela signifie aujourd’hui agir pour tous les âges, les adultes et les jeunes.
• Unité cela signifie aujourd’hui s’occuper des plus défavorisés.
• Unité cela signifie aujourd’hui offrir des services religieux de qualité pour le plus grand nombre.
• Unité cela signifie aujourd’hui faire collaborer les « religieux » et les « laïcs » main dans la main.
• Unité cela signifie enfin former des cadres capables de transmettre l’amour du judaïsme aux générations futures.

Ce dernier point nous paraît essentiel, car l’unité de doit pas s’entendre uniquement dans l’espace, mais aussi et surtout dans le temps. Puisque à Chavouot nous nous considérons contemporains de nos pères au Sinaï, à nous de faire en sorte que nos petits-enfants le considèrent aussi. Concrètement notre pérennité se conjuguera toujours avec notre unité.

Hag saméah !

 
Joël Mergui
Président
 

Entendre la voix divine aujourd’hui...

Cinquante jours après la sortie d’Egypte, nos ancêtres furent témoins d’une expérience
unique dans l’histoire de l’humanité : D. parlait à tout un peuple. Des hommes, des femmes, des enfants, des fils et des filles entendaient le Créateur et le Libérateur proclamer Sa Loi. Les dix paroles ne furent pas transmises à quelques individus inspirés dans un lieu reculé, non, ce fut dans le désert, devant plus d’un million de personnes, que la voix divine fendit les sept cieux pour toucher tous les coeurs.

Par cette théophanie, D. imprégnait l’âme juive de cette rencontre ultime pour les siècles des siècles : « Moïse dit au peuple : N’ayez pas de peur ! Car […] c’est afin que vous ayez la crainte de Lui, et que vous ne fautiez pas. » Des psychanalystes parlent d’inconscient collectif qui porte l’empreinte des “voix que nos ancêtres ont vues”, et qui constituent notre patrimoine spirituel, comme on parle de patrimoine génétique. La leçon est immense ! Elle signifie que dans l’âme juive même la plus éloignée de la synagogue, de la pratique, il existe un point intime, une “nékouda pénimith”, qui constitue le noyau nucléaire insécable, invariant de notre identité. Il existe des événements qui transforment la vie pour toujours, l’événement du Sinaï fut ce mega-événement qui transforma un peuple libéré de l’esclavage en peuple de la Torah, un peuple asservi par Pharaon en peuple au service de D.

Voilà en quoi la solennité de Chavouot nous parle encore aujourd’hui, en quoi elle n’est pas commémoration d’un passé révolu. Dès lors, cette fête nous convoque à remonter dans le temps pour vivre la Torah au présent, car c’est au présent que la Torah prend toute sa valeur. C’est ce qu’enseigne le verset :
"Si vous écoutez les commandements que Je vous ordonne aujourd’hui d’aimer l’Eternel votre D. de tout votre coeur et de toute votre âme". Quel sens donner à ce hayom, à ce “aujourd’hui” ? Et Rachi de répondre : "Considère que les mitsvot sont nouvelles, comme si elles avaient été données aujourd’hui". Cette réponse nous éclaire sur le sens de la formule “le temps du don de notre Torah”, car c’est chaque jour que la Torah nous est offerte, et donc chaque jour que nous sommes invités à la recevoir. Cette Torah n’exige plus de nous déplacer au Sinaï. Elle ne demande plus de monter dans les cieux ou de traverser la mer, car la Torah est “dans notre bouche et dans notre coeur pour l’accomplir” gravée dans notre mémoire, pour l’éternité.

Hag saméah !

 
Rav David Messas
Grand Rabbin de Paris
 
 
 

 

 

 

 

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