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Entendre
la voix divine aujourd’hui...
Cinquante
jours après la sortie d’Egypte, nos ancêtres
furent témoins d’une expérience
unique dans l’histoire de l’humanité : D. parlait
à tout un peuple. Des hommes, des femmes, des enfants,
des fils et des filles entendaient le Créateur et le Libérateur
proclamer Sa Loi. Les dix paroles ne furent pas transmises à
quelques individus inspirés dans un lieu reculé,
non, ce fut dans le désert, devant plus d’un million
de personnes, que la voix divine fendit les sept cieux pour toucher
tous les coeurs.
Par
cette théophanie, D. imprégnait l’âme
juive de cette rencontre ultime pour les siècles des siècles
: « Moïse dit au peuple : N’ayez
pas de peur ! Car […] c’est afin que vous ayez la
crainte de Lui, et que vous ne fautiez pas. »
Des psychanalystes parlent d’inconscient collectif qui porte
l’empreinte des “voix que nos ancêtres ont vues”,
et qui constituent notre patrimoine spirituel, comme on parle
de patrimoine génétique. La leçon est immense
! Elle signifie que dans l’âme juive même la
plus éloignée de la synagogue, de la pratique, il
existe un point intime, une “nékouda pénimith”,
qui constitue le noyau nucléaire insécable, invariant
de notre identité. Il existe des événements
qui transforment la vie pour toujours, l’événement
du Sinaï fut ce mega-événement qui transforma
un peuple libéré de l’esclavage en peuple
de la Torah, un peuple asservi par Pharaon en peuple au service
de D.
Voilà
en quoi la solennité de Chavouot nous parle encore aujourd’hui,
en quoi elle n’est pas commémoration d’un passé
révolu. Dès lors, cette fête nous convoque
à remonter dans le temps pour vivre la Torah au présent,
car c’est au présent que la Torah prend toute sa
valeur. C’est ce qu’enseigne le verset :
"Si vous écoutez les commandements que
Je vous ordonne aujourd’hui d’aimer l’Eternel
votre D. de tout votre coeur et de toute votre âme".
Quel sens donner à ce hayom, à ce “aujourd’hui”
? Et Rachi de répondre : "Considère
que les mitsvot sont nouvelles, comme si elles avaient été
données aujourd’hui". Cette réponse
nous éclaire sur le sens de la formule “le temps
du don de notre Torah”, car c’est chaque jour que
la Torah nous est offerte, et donc chaque jour que nous sommes
invités à la recevoir. Cette Torah n’exige
plus de nous déplacer au Sinaï. Elle ne demande plus
de monter dans les cieux ou de traverser la mer, car la Torah
est “dans notre bouche et dans notre coeur pour l’accomplir”
gravée dans notre mémoire, pour l’éternité.
Hag
saméah !
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Rav
David Messas
Grand Rabbin de Paris |
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