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LE JUDAÏSME ET LA QUESTION DU MONDE

 

Contrairement à la pensée grecque où la philosophie pure , c'est-à-dire non mélangée à des considérations d'ordre religieux, ne se demande pas pourquoi il y a un monde mais plutôt pourquoi il n'y a pas rien, le néant, la Bible hébraïque commence d'emblée par la phrase qui annonce la création de l'univers par un Dieu unique, transcendant, dominant le royaume de ses créatures, source de tout être et pourtant radicalement différent de tous les autres degrés ontologiques. La Bible ne se pose donc pas, à la manière des Grecs, la question foncièrement philosophique de l'être et du néant.
Dans le judaïsme la question du monde ne pose pas du tout dans les mêmes termes que dans une civilisation polythéiste ; c'est la notion de création, d'un univers créé qui se substitue à la problématique philosophique. Ainsi les limites de notre investigation sont tracées et strictement définies: l'univers n'existe qu'à la suite d'un dessein divin.
Dans une esquisse qui se veut la moins incomplète possible mais qui demeure nécessairement brève, on passera en revue les grandes articulations de cette pensée du monde, depuis la Bible jusqu'aux périodes les plus récentes, étant entendu que depuis la diffusion des acquis de la révolution scientifique toute cosmogonie relevant d'une autre nature n'a plus aucune pertinence.

I DANS LA BIBLE
Le récit biblique de la création est composite, c'est-à-dire qu'il met bout à bout une série d'éléments de provenances diverses qu'il tente, cependant, de repenser dans un esprit strictement monothéiste. Il ne parvient pas, toutefois, à expulser entièrement des idées résiduelles fortement mythologiques. Les premiers chapitres du livre de la Genèse contiennent en réalité deux récits de la création que séparent des différences non négligeables, à commencer notamment par les désignations de Dieu : dans la première partie il s'agit d'ELOHIM et dans le second récit on parle du Nom tétragrammate, voire même d'une conjonction des deux. On connaît les arguments la critique biblique à propos de l'hypothèse documentaire : il y aurait eu devant le ou les rédacteurs bibliques des documents d'origine différente que sa ou leur religiosité propre conduisait à faire fusionner sans en gommer les aspérités idéologiques.
Les gestes fondamentaux de la création sont les suivants : l'installation de la voûte céleste et de la terre ferme la sèche ; ha-yabasha), la création des luminaires, de l'homme et enfin l'annonce du repos divin. Comme nous le montrent les sources juives les plus anciennes (e.g. le Midrash des Rabbins sur la Genèse, ce récit ne doit pas être pris au pied de la lettre. Des questions se posent aussi sur le sens précis à donner au verbe créer, en hébreu BARO : s'agit-il d'une création à partir du néant, ou, s'agit-il du modelage d'une matière première préexistante ? Il semble que la Bible hébraïque ait hésité durablement entre ces deux conceptions et que c'est seulement dans un livre hellénistique comme le second livre des Macchabées (7 ; 28) qu'il est question d'une création ex nihilo, c'est-à-dire une création qui n'exige de D- aucun effort puisque nulle matière ne résiste à sa volonté…
Jetons un rapide coup d'œil rapide sur la structure de ce récit de la Genèse : on y parle de la création des plantes avant celle des luminaires, ce qui pose problème puisque la croissance des végétaux ne saurait se faire sans soleil. La fin de chaque acte créateur est ponctuée par une appréciation sur la bonté de la création (e.g. "Et Dieu vit que s'était bon."). C'est un dessein divin collectif (Dieu dit : faisons un homme à notre image…) qui préside à la création de l'homme. C'est alors qu'intervient la première recommandation adressé à l'homme. ***
La partie réellement mythologique a trait au séjour au paradis du premier couple : on y décèle des traces gnostiques de rivalité entre la divinité créatrice et les hommes ; l'évocation des arbres de la science et de la vie nous plonge réellement dans un terroir mythologique. Il en est de même de l'expulsion du paradis et de la crainte de voir l'homme acquérir l'immortalité après la consommation du fruit interdit.
Le meurtre d'Abel par Caïn intervient à la suite de ce qui semble être l'opposition inévitable entre les agriculteurs et les éleveurs. Survient ensuite la fameuse phrase SUIS-JE LE GARDIEN DE MON FRÈRE ? Le récit se clôt par la malédiction de l'homme et de la femme par D- : errance sur la terre ; gagner sa vie à la sueur de son front ; pour la femme accoucher dans la douleur.
A n'en pas douter, nous trouvons quelques similitudes entre la tradition biblique et les civilisations du Proche Orient ancien (Sumer, l'Egypte ancienne et Babylone), voire même des emprunts possibles : par exemple, le rôle joué par l'eau, comme élément préexistant, par l'idée même d'abîme ou de gouffre qui semble désigner une divinité car ce terme n'intervient jamais dans la Bible avec un article défini.
On note aussi que le récit biblique de la création veut avoir une portée universelle : il n'y est question ni du peuple ni du territoire d'Israël, ni même de Jérusalem. Quant à l'image de D-, c'est l'humanité entière qui est concernée et non point une frange aristocratique de celle-ci.
En conclusion : rejet de toute conception mythologique fondamentale, même si subsistent ça et là des séquelles d'un telle pensée.
Mais la Genèse n'est pas l'unique texte dans lequel intervient l'idée de la création et des problèmes posés par elle : Isaïe 27 ; 1 51 ; 9-10 Jérémie 5. 22 Ps. 74 ; 13-14 104 ; 6-9 Proverbes 8 ; 27-29 Job 7 ; 12 9 ; 13 26 ;10-13 38 ; 8-11 (combat du D- créateur contre des monstres marins qui semblent défier son autorité.
Sans omettre le chapitre VIII des Proverbes où la sagesse fait figure d'auxiliaire de D- lors de la création.

II. DANS LE MIDRASH : Ma'assé beréshit ma 'assé merkava
rabbi Abahu. Mais aussi "exposer aux êtres de chair et de sang le mystère de la création est chose impossible ."

Le Sefer Yetsira Exégèse du récit de la création : bé-réshit ; ella Tora

L'épître du Shi'ur Qoma

DANS LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE RATIONALISTE

entre l'adventicité et l'éternité de l'univers.
A/ Chez les adeptes du kalam, du néoplatonisme : créationisme émanatiste.
Arguments de Saadia : fini/ infini, cosmologique et téléologique
B/ Chez Maïmonide : problématique de l'éternité (temps et mouvement) : Miracles et l'éternelle volonté divine.
Création pour la masse. Don de la forme, infusion de celle-ci ou information. AVERROISME. Libre volonté divine ou démarche coercitive d'un rouage naturel. Identification de Dieu et du Premier Moteur d'Aristote.

DANS LA MYSTIQUE JUIVE
Création ou émanation de l'univers. Univers sefirotique. Et : aleph et taw.


Dans la kabbale lourianique : la doctrine du Tsimtsum

Conclusion : relations entre l'homme et Dieu (providence, éthique ect) Combattre l'idée gnostique ou épicurienne de LEYT DIN ET LEYT DAYYAN.
L'au-delà.

Opposition entre ce monde ci et l'autre monde Dans quel univers se situe la rétribution des actions humaines ? Par delà le bien et le mal ? Critiques de Nietzsche dans La généalogie de la morale : le seul vrai monde est-il celui qui reste à venir ?


Maurice-Ruben HAYOUN