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JUDEITE ET GERMANITE : L'ESSENCE DU JUDAÏSME
(par Léo BECK)
Préambule :
Nous avons affaire à un aboutissement, voire même hélas
à un dénouement : c’est dans l’aire culturelle germanique que le judaïsme
rencontre la forme la plus élaborée de la culture européenne, c’est-à-dire
l’émanation culturelle de la civilisation chrétienne.
Qu’appelons-nous judéité ? C’est un vocable dont les contours sont très
vagues ; à mon sens il renferme tout ce qui dans le judaïsme se détache
de l’intrinsèquement religieux pour ne retenir que les aspects relevant
de la culture et de la civilisation. Lorsque la cristallisation de l’identité
juive eut lieu au cours des premiers siècles de l’ère et que l’on retint
trois ces trois spécificités fondamentales que sont :
le respect du chabbat,
le mariage endogamique et les règles alimentaires.
Mais cette définition un rigoureuse laissait sur le bord de la route un
sorte nombre de gens…
La définition de la germanité offre moins de difficultés au plan religieux
: c’est l’essence du christianisme en pays germanique. Au plan politique
l’entité germanique se débattra dans des difficultés encore plus grandes
que les juifs. Mais l’antagonisme entre les Juifs et Allemands se situera
non point sur le plan politique mais plutôt sur le plan religieux et de
l’appartenance au peuple allemand. Peut-on être allemand sans être de
confession chrétienne ? Peut-on être à la fois un Juif et un allemand
? Si oui, il faudrait que l’on considére les juifs non plus comme une
communauté nationale, un peuple, mais plutôt comme une communauté religieuse,
une religion parmi d’autres.
Ce détail est important : lors de la controverse entre l’historien juif
Heinrich Graetz et l’historien nationaliste allemand Heinrich von Treitschke,
le second sommera le premier de cesser de regarder vers Jérusalem et de
renoncer au messianisme juif qui comporte une part de rétablissement politique
de la souveraineté juive.
Les Juifs, disait von Treitschke en résumé, ne doivent pas constituer
un état dans l’Etat.
Rétrospective historique :
Comment en sommes nous arrivés là ? Comment l’entité juive
a-t-elle été de plus en plus fortement ressentie en Allemagne comme un
corps étranger, inassimilable, voire même dangereux en raison de sa fulgurante
ascension et de ses positions extrêmement fortes au sein du corps social.
D’où une réaction de rejet, d’antisémitisme théologique,
économique, social et enfin, le pire, biologique : le Juif est inassimilable
!
La controverse de 1912 dans la revue pangermaniste Kunstwart
avec Moritz Goldstein, Ernst Lissauer et Ferdinand Avenarius.
Le livre de Léo BAECK en réponse au livre de Adolf von
Harnack, l’essence du christianisme.
La SHOAH a-t-elle été la réponse des antisémites nazis
à la tentative de symbiose judéo-allemande ?
- Défait de l’Allemagne de l’esprit face à l’Allemagne politique.
- Déchristianisation de l’Europe.
Maurice-Ruben HAYOUN
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