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L'HOMME : LA LOI, LA RESPONSABILITÉ ET LE LIBRE
ARBITRE
(conférence du 14 novembre 2002)
INTRODUCTION
Après Dieu et le monde, nous abordons le dernier
élément du triptyque, la question de l'homme. Comme nous
l'avions dit au cours de nos deux précédentes rencontres
:
a) l'homme a un statut de créature,
b) il bénéficie d'une révélation au cours
de laquelle D- lui remet une TORA qu'il lui impose de respecter.
c) L'HOMME n'est pas seul, sa vie ici-bas a un sens et elle ne s'arrête
pas avec la mort.
d) S'il s'en montre digne, elle recevra l'immortalité en partage
et entrera dans l'éternité
A/ Dans la Bible et la littérature talmudique
Les NOMS : ADAM : nom propre et nom commun. Pluriel bené Adam et
non Adamim.
Ish, Enosh, Gever, Metim (d'où le terme composé bi-meté
me'at.
D'autres termes connotent l'idée de psychologie humaine : néfésh,
ruah, neshama.
L'ORIGINE de l'homme (Gen 1 ; 27 et 2 ;7) ; l'homme n'est pas un descendant
de Dieu.
La Bible insiste sur l'unité du genre humain, il n'existe qu'une
seule famille humaine.
Gen 9 ; 3 : permet à Noé de consommer la chair des animaux
: rupture de l'harmonie universelle originelle. Enfin, on parle de monogamie
: Dieu a donné à Adam une femme et pas deux.
Que signifie L'EXPRESSION : BE-TSÉLÉM ELOHIM ? A l'image
de Dieu ? Les rabbins y voient (Shabbat 10a) une sorte de partenariat
avec l'homme qui poursuit sur terre l'oeuvre divine. Mais il subsiste
toujours une ambiguïté sur la nature de l'homme. Voir Ps 8
; 4-5 :
"Qu'est ce donc l'homme pour que tu t'en souviennes
et les fils d'Adam pour que tu t'en occupes ? Tu l'as fait de peu inférieur
aux Elohim, tu l'as couronné de gloire et d'honneur, et tu l'as
fait dominer sur les oeuvres de
tes mains, tu as tout mis sous ses pieds ; brebis et boufs, tous ensemble,
et même les bêtes sauvages."
Pourtant, la tradition juive ( Qid. 30b) dit que trois
partenaires sont associés à la genèse de l'homme
: son père, sa mère et Dieu.
L'HOMME EST DÉCRIT COMME UN MICROCOSME
SES ORGANES FONT PENSER AUX USTENSIBLES DU TABERNACLE
SI L'HOMME SE RETROUVE (C-A-D SON ME) IL RETROUVE SON CRÉATEUR.
PAS DE CONTEMPTION DU CORPS DANS LE JUDAÏSME C'EST LE DÉBUT de la thèse de l'anthropocentrisme de l'homme.
L'homme se situe entre les bêtes et les anges. D-, nous dit-on,
semble avoir hésité (Gen Rabba 3 ;4)
1. L'homme, la faute et le mal
Le séjour au paradis du premier couple est sèchement interrompu
par la faute (consommation du fruit défendu) et la découverte
du mal ( vous serez comme des Elohim, connaissant le bien et le mal.)
DRAME COSMIQUE QUI ENTACHE LE BEAU
RÉCIT DE LA CRÉATION. A l'origine , celle-ci se voulait
intrinsèquement bonne : TOV ME'OD
Mais la disgrâce du premier couple humain n'est pas éternelle.
Nostalgie du paradis perdu. Dieu est longanime, plein de grâce et
aspire à accorder son pardon. La rédemption GE'ULA est donc
toujours possible mais elle présuppose un incessant effort de l'homme
.
MAIS ARRIVE L'ÉPISODE MYTHIQUE DU DÉLUGE : création
de l'homme, une
erreur divine ?
Après cela, C'EST L'AFFIRMATION DU LIBRE ARBITRE. Mais le verset
de Jérémie
ferait penser au déterminisme et à la prédestination.
(1 ;4)
MAIS AUSSI L'AFFIRMATION MISHNIQUE :
ha-kol tsafuy we ha-reshut nitena
ha-kol biydé shamayim huts mi-yr'at shamayim.
"Avant même que je te forme dans le ventre,
je te connaissais, avant même que tu sortes du sein, je t'avais
consacré, je t'avais placé comme prophète pour les
nations ; "
Comme la nature de l'homme est composite, la tradition
parle du YETSER ha-TOV et du YETSER HA_RA. Le problème du mal et
de la faute (voir l'intervention d'Abraham en faveur des villes pécheresses
Sodome et Gomorrhe) a pour corollaire la théodicée : LIVRE
DE JOB.
2. L'homme et le sacrifice : Abel, Caïn, NOÉ,
ABRAHAM ETC. C'est la canalisation d'une violence qui doit trouver un
exutoire.
3. L'homme et l'au-delà.= l'immortalité
ET LA RÉSURRECTION.
La mort, la destinée de l'homme : Eccles rabba 5 : en sortant du
giron maternel le nourrisson a les poings fermés comme pour dire
je vais tout conquérir dans ce monde, il sera entièrement
à moi. Mais à sa mort, ses paumes sont largement ouvertes,
comme pour dire : voyez, je n'emporte rien avec moi. B/ Dans la pensée juive médiévale :
Saadya, Commentaire du Livre des Proverbes.
Ibn gabirol, Mibhar Peninim
Bahyé ibn paquda, Les devoirs des cours
Maïmonide, les huit chapitres. Le guide des égarés
e) la pensée rationaliste : c'est l'âme humaine et sa partie
intellective qui
sert d'intermédiaire entre l'homme et Dieu
f) la pensée mystique. L'âme humaine, les commandements.
g) ASPECT THEURGIQUE : l'action humaine peut agir sur D et les sefirot.
Problématique : l'homme peut-il transcender sa condition humaine
?
1. Dans la Bible et le Midrash : l'imitatio Dei
2. Dans la philosophie rationaliste de style maïmonidien : la conjonction
avec l'intellect agent, dernière intelligence cosmique, préposée
au gouvernement de ce bas monde.
3. Dans la Kabbale, atteindre le degré éthique et métaphysique
des sefirot.
Maurice-Ruben HAYOUN
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