TORAH & MITSVOT
Fêtes - Yom Tov

Travaux interdits et permis le yom tov
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L'ESPRIT DU YOM TOV

Il est écrit dans la Torah : "Et tu te réjouiras dans ta fête, toi et ton fils et ta fille, et ton serviteur et ta servante, et le Lévi et l'étranger l'orphelin et la veuve qui se trouvent dans tes portes". (Deut XVI,14).

Remarques :

  • Quand la Torah dit "toi", elle s'adresse aussi bien au mari qu'à l'épouse selon le principe ichto kégoufo "la femme d'un homme est comme la propre chair", idée qui découle de la création de l'Adam originel que l'Eternel créa "mâle et femelle".
  • Bien que ce verset s'exprime à propos de Souccoth, les sages l'ont étendu aux deux autres fêtes de pèlerinage, Pessah et Chavouoth.

Ecoutons le commentaire du Sefer ha'hinoukh, le Livre de l'éducation du rabbin Aaron Halévy zal.

"L'idée essentielle de cette mitsva de la joie est la suivante : L'homme de par sa nature a besoin de se réjouir, de même que tout homme a besoin de nourriture, de repos, de sommeil. Or, l'Eternel dans sa grâce, a voulu offrir du mérite, à nous son peuple de témoignage dont Il est le berger, aussi nous a-t-Il ordonné de nous réjouir en Son nom, afin d'obtenir du mérite par nos actions de joie. C'est ainsi qu'Il nous a fixé des temps dans l'année afin de nous souvenir des miracles et des bienfaits qu'Il nous a prodigués. Et en ces jours de fêtes, Il nous a ordonné de nourrir notre corps de façon à lui offrir la joie pour son équilibre. En nous proposant ainsi la plénitude en Sa présence, nous sommes certains de ne pas nous écarter des limites du droit chemin"

 

Le mérite de la joie

Le rabbin Aaron Halévy qui s'inscrit dans l'optique de Maïmonide, nous offre une idée intéressante quant à la finalité des mitsvoth en général. A savoir que la pratique des commandements divins est une invitation à dépasser notre nature "animale". En effet, l'homme comme tous les êtres vivants est obligé de manger, de se reposer et de dormir pour le bien de son corps. De même au niveau du psychisme tout individu a besoin de joie. Rabelais ne disait-il pas que "le rire est le propre de l'homme" ? Mais cette joie au lieu d'être justifiée par une simple cause sociale ou psychologique est ici élevée au rang de mitsva, par le fait qu'elle est reliée aux souvenirs de la sortie d'Egypte et de tous les miracles qu'Hachem réalisa pour nos ancêtres. Ainsi faut-il entendre : "l'Eternel dans sa grâce, a voulu nous offrir du mérite ".
Le mérite zekhouth, de la racine zakh, "épuré", comme la Torah qui parle de "l'huile d'olive pure", est la récompense de notre effort d'épuration de notre propre nature. Si l'homme se réjouit parce qu'il est allé voir un bon film, il s'est fait plaisir et n'a aucun mérite pour cela ; par contre s'il se réjouit parce qu'Hachem lui demande d'être joyeux, alors cet effort pour accomplir la volonté divine assujettit la nature humaine à l'ordre transcendant. Ainsi une conduite naturelle, et même vitale pour l'homme, est transformée en mitsva.
Du coup, les pièges de l'exubérance et de la légèreté qui pourraient se révéler par un laisser-aller de la joie, se trouvent circonscrits dans le cadre spécifique de l'accomplissement du commandement, tel est le sens de : "nous sommes certains de ne pas nous écarter des limites du droit chemin". Aaron Halévy reste ici fidèle à l'enseignement de Maïmonide qui ne se démarquera jamais de la voie moyenne.

Bien que la joie passe par la nourriture, les beaux habits, les cadeaux offerts à son épouse et à ses enfants, l'essentiel de la joie du yom tov doit rester l'étude de la Torah, ainsi que nos sages zal nous l'ont enseigné : "Le Chabath et les fêtes n'ont été offerts à Israël qu'afin qu'il s'adonne à l'étude" (Talmud Jérusalem Chabbat, chap. XV).
A l'équilibre du corps doit répondre la joie de l'esprit, par le fait de sortir des contraintes et des soucis quotidiens et d'emplir son âme des délices de l'étude. La joie devient ainsi un véritable service d'Hachem.


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