| Le 10 tévet - 587, le roi de Babylone
commença le siège de Jérusalem, ce siège s'acheva par la destruction du
Temple et de la ville le 9 av -586.
Le jeûne du 10 Tevet est lié au traumatisme de la destruction
(hourban) des deux Temples et de Jérusalem. Le choc fut terrible,
non seulement à cause des nombreuses victimes (Flavius Joseph évalue à
près d'un million, le nombre de Judéens massacrés par les légions de Titus),
mais parce que cette catastrophe, et l'exil qui en découla, sapèrent toute
la vision du messianisme biblique que l'on avait reçue depuis Abraham.
En effet, le message spirituel d'Israël devait obligatoirement émaner
du peuple ayant reçu la Torah à partir de la terre des promesses.
L'exil de 70 obligea le judaïsme à se reconstituer en une foi ardente
sans terre. La conquête du Livre remplaça la conquête de l'espace, et
le juif devenait « Bâtisseur du temps. » Cependant, en orientant ses synagogues
vers son pays ancestral, en jeûnant le 3 tichri, le 10 téveth, le 17 tamouz
et le 9 av et aux trois autres dates, Israël affirmait dans le drame de
sa diaspora, son unité religieuse et nationale. L'on peut comprendre pourquoi
paradoxalement le 9 av est appelé moed, jour de fête, « rendez
-vous »… avec sa propre identité.
1 - Chaque membre majeur de la communauté devra jeûner
le 3 tichri, le 10 téveth, le 17 tamouz et le 9 av et il est interdit
de briser la barrière de la Tradition.
(Maran 650, 1).
2 - Le jeûne commence au lever du jour jusqu'à l'apparition
des étoiles (pour connaître les horaires de cette année cliquez-ici).
Durant ce jeûne, il est permis de se laver, de se parfumer, de porter
des choisir de cuir et de pratiquer l'intimité conjugale.
(Maran ibid. 2).
3 - Une femme enceinte ou qui allaite est dispensée de
ce jeûne, elle mangera cependant pour sa santé et celle de l'enfant et
non par plaisir (elle ne consommera pas des mets d'agrément comme des
glaces, des gâteaux, etc.). De même, une femme dans les 30 jours qui suivent
la naissance de son enfant est dispensée du jeûne.
(Maran 654, 5 et 6).
4 - Un malade est dispensé du jeûne, même si sa vie n'est
pas en danger. Il mangera cependant avec discrétion, et uniquement ce
qui est nécessaire pour sa santé et pas de mets d'agrément.
(Maran ibid. Michna béroura 11, Kaf hahaïm 33).
5 - Des jeunes mariés dans la semaine de leur mariage
doivent jeûner, ainsi que le père le jour de la circoncision de son fils,
le mohel et le porteur du bébé (sandak), le kiddouch sera alors
bu par un enfant mineur.
(Resp. Yabia omer V, 40)
6 - A priori, on ne se lavera pas la bouche et on ne se brossera
pas les dents, sauf si l'on ne supporte pas cette situation, auquel cas
on fera attention de ne pas avaler d'eau.
(Michna béroura 11, Kaf hahaïm 14, Kol Sinaï 9. Resp. Minhat
Yitsak V,109).
7 - Il est licite de fumer, si on ne peut se passer de
la cigarette, mais interdit de mâcher un chewing-gum
(Kol Sinaï 12, Resp Yaskil avdi VIII, 20. Resp. Yéhavé
daat V,39).
8 - Afin de pouvoir manger au petit matin, il est souhaitable
d'en poser expressément la condition avant de dormir : « Si je me lève
avant le lever du soleil, je mangerai », car sinon le sommeil est considéré
comme début du jeûne.
(Maran 664, 1 et Rama)

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