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La Victoire : 100e anniversaire de l'Armistice de 1914-1918

Dimanche 11 novembre 2018



11 novembre 2018

© Erez Lichtfeld



Chaque année depuis 1919, le Consistoire et ses communautés accomplissent leur devoir de mémoire en l’honneur des soldats de la Grande Guerre morts pour la France et rappellent l’engagement des combattants juifs, dont les noms des disparus sont gravés sur les plaques commémoratives au sein des synagogues.


Si 2018, année du centenaire de l’armistice a donné lieu à des commémorations nationales - auxquelles ont participé, le 11 novembre à Paris, 70 chefs d’État ou de gouvernement -, le Consistoire a marqué cette date hautement symbolique par un double événement à la Grande synagogue de la Victoire.


Prévu de longue date à l’initiative du Président de la Communauté de la Victoire Jacques Canet et du rabbin Moshé Sebbag, s’est déroulé en deuxième partie de soirée, un concert en hommage aux compositeurs juifs tombés durant la Grande Guerre ou persécutés et assassinés durant la Shoah parce que juifs tels : Viktor Ullmann, Erwin Schulhoff ou Josef Achron. Les œuvres du capitaine Fernand Halphen, second prix de Rome en 1896 et chargé durant la guerre d’organiser un orchestre d’harmonie militaire, furent également interprétées avec celles de l’italien Alberto Hemsi avant de se clore par le magnifique Kaddish de Maurice Ravel interprété pour la 1ère fois en 1915.


Ce concert original dans sa forme et sa thématique fut quelque peu bousculé dans ses horaires par la première partie officielle de la soirée de commémorations dans la mesure où Joël Mergui Président du Consistoire, Haïm Korsia Grand Rabbin de France, Michel Gugenheim Grand Rabbin de Paris et la communauté ont reçu simultanément les visites du Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, du Secrétaire d’État Laurent Nunez ainsi que du Premier Ministre de l’État d’Israël et son épouse Benyamin et Sarah Netanyahou pour honorer la mémoire de tous les soldats disparus et plus particulièrement ceux des 32 000 combattants juifs qui furent près de 5000 à tomber au champ d’honneur durant la première guerre mondiale et plus de 3500 vétérans de 14/18 à avoir été déportés et assassinés dans les camps d’exterminations nazis, trahis et abandonnés par le gouvernement de Vichy.


Fait unique dans l’histoire des commémorations de la Grande Guerre le Ministre de l’Intérieur s’est exprimé pour rappeler l’engagement patriotes des juifs français et des juifs étrangers engagés volontaires pour la patrie des Droits de l’Homme en danger. A cette occasion, affirmant la volonté de la France à lutter contre l’antisémitisme dont les chiffres sont à nouveau en hausse alarmante, Christophe Castaner a rappelé combien la France devait aux juifs de France d’être la France d’aujourd’hui souscrivant aux propos de l’ancien Premier Ministre Manuel Valls.


Précédant la prise de parole du Ministre de l’Intérieur sous la verrière de la Grande Synagogue, face aux noms gravés des 1250 combattants juifs parisiens tombés au champ d’honneur, Joël Mergui a rendu hommage à la France que 32 000 combattants juifs ont servi et qui fut, à l’époque, la seule nation au monde malgré l’antisémitisme, à permettre à des juifs de gravir les plus hauts échelons au service de l’État jusqu’à compter au moment de la Grande Guerre 7 généraux juifs en ses rangs. Cet engagement pour la France s’inscrit dans la continuité de la déclaration des sages du Grand Sanhédrin qui, sollicités au moment de la création du Consistoire, pour savoir jusqu’où les juifs seraient capables de défendre leur patrie en danger, avaient répondu d’une seule voix : « jusqu’à la mort ! ». Ce « jusqu’à la mort » témoignage d’une fidélité authentique, les juifs de 14/18 l’ont porté au plus degré par reconnaissance pour la patrie émancipatrice laquelle aura bien récompensé leur patriotisme durant la seconde guerre mondiale a souligné le Président du Consistoire qui a alerté sur l’idéologie islamiste qui aujourd’hui commande à ses partisans de s’engager contre les juifs, contre la France et ses valeurs, jusqu'à la mort.


Ponctuée par de très émouvants chants interprétés par les enfants du Talmud Torah de la Victoire, la cérémonie s’est poursuivie avec le Grand rabbin de France qui a cité l’aviateur Nissim de Camondo parmi les quelques noms figurant sur les tableaux de marbre pour personnaliser ces vies arrachées pour la défense des valeurs de la République et attirer l’attention comme le fit également peu après la Maire du 9ème arrondissement Delphine Bürkli, sur la vigilance permanente que nous devons avoir devant les sursauts de l’intolérance et du populisme.


C’est en s’adressant d’abord en français au Ministre de l’Intérieur pour remercier le Président de la République de son accueil durant ces commémorations nationales que le Premier Ministre d’Israël a pris la parole sur un registre à la fois personnel et historique, rendant hommage aux 7 engagés volontaires juifs nés et venus de Jérusalem ou Jaffa pour défendre la France et ses valeurs en 1914. Ceux-ci, comme ceux qui composèrent la première légion entière juive créée par Joseph Trumpeldor et Vladimir Jabotinsky sous commandement britannique, furent à ses yeux l’embryon de la future Haganah et de Tsahal dans la lignée des grands combattants juifs de l’ancien royaume d’Israël. Benyamin Netanyahou a conclu en insistant sur le rôle primordial de ce premier grand conflit mondial dans l’émergence du futur État juif.


Après la lecture de la Prière pour la République par le rabbin Moshé Sebbag, et celle du Psaume 91 par le Grand rabbin de Paris, la cérémonie s’est achevée par la dépose des gerbes au pied des plaques commémoratives et l’hymne national entonné par les jeunes des EEI et toute l’assistance qui comptait notamment la présence du Président du CRIF, Francis Kalifat, du Député Meyer Habib qui a assuré au pied levé la traduction de l’allocution du Premier ministre d’Israël, du représentant du Premier Ministre, du représentant de l’Archevêque de Paris, de la représentante de la Secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes, du Préfet délégué à la lutte contre l’antisémitisme, Frédéric Potier, ainsi que des membres élus du Consistoire.










100e anniversaire de l'Armistice de 1914-1918




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