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La paracha Hayé-Sarah, par le rabbin Michael Azoulay

Dimanche 20 novembre 2016


La citation : « La paternité est la relation avec un étranger, qui tout en étant autrui, est moi ». E. Lévinas, Le Temps et l’autre, cité par C. Chalier dans son ouvrage indiqué plus bas.


Ces enseignements sur notre Paracha sont tirés de l’ouvrage de Catherine Chalier sur les Matriarches, publié en 1985 chez Cerf.


Catherine Chalier voit en Rebecca l’épouse idéale pour Isaac, notamment parce que l’on retrouve chez elle les gestes et les qualités d’Abraham, assurant ainsi la poursuite du processus électif.


Ainsi, elle rompra avec son milieu (une des conditions imposée par Abraham à son serviteur, Eli’ézer, chargé de trouver une épouse pour Isaac) comme Abraham le fit à l’appel de Dieu (Genèse, 12, 1). Vient ensuite la qualité d’hospitalité remarquable dont elle fait preuve à l’égard d’Eli’ézer et de ses chameaux qu’elle abreuve, lui proposant également hébergement dans la maison de son père. Cette hospitalité envers l’étranger sera d’ailleurs le critère de reconnaissance choisi par Eli’ézer. Répétant de la sorte la légendaire générosité d’Abraham.


Chalier a raison de relever que Rebecca diffère radicalement par sa bonté, de son futur époux, Isaac, entièrement rigueur, lui apportant ainsi ce qui lui manque, l’invitant ainsi à « tempérer un tel principe (la guevoura) par le répit et la respiration de la charité » (p. 92).


Le commentaire de Chalier me suggère qu’il n’est pas interdit de penser que, de manière asymétrique, Sarah jouait le même contrepoids pour son époux Abraham. La bonté extrême d’Abraham était contrebalancée par une certaine rigueur de Sarah, exprimée notamment dans son attitude vis-à-vis de Agar et de son fils, Ismaël, chassés tous deux de sa maison.


Et Chalier a raison de citer le Maharal de Prague, qui voit dans le couple « l’unification et la liaison des choses séparées » (p. 87).


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