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Comment renouveler l’encadrement communautaire ?

Mardi 20 septembre 2016


Inciter les jeunes à se dévouer au service de leurs coreligionnaires et prendre la relève au sein des associations cultuelles est l’une des priorités du Consistoire. Dans ce contexte, le programme Hazac est une réussite.

 

Le Centre Edmond Fleg, situé au cœur du Quartier Latin, permet aux étudiants juifs de rester en contact avec leurs coreligionnaires et avec… leur propre identité, à travers une série d’activités : offices, cours, conférences, shabbats pleins, etc. L’espace de restauration casher et les voyages en Israël organisés par le Centre connaissent un franc succès. Les partenariats avec des associations communautaires provinciales permettent aussi aux jeunes Juifs venus de Marseille, Lyon ou d’ailleurs de nouer des liens avec leurs camarades parisiens. D’une manière générale, le Consistoire considère le secteur de la jeunesse comme une priorité. Le président de l’institution, Joël Mergui, souhaite assurer le renouvellement des cadres communautaires. Dans le contexte actuel - alya massive, militantisme en baisse et vieillissement des administrateurs locaux -, le défi est de taille. Yoann Boccara, qui copréside avec Sarah Tellouk la commission jeunesse, est chargé de cette mission. Il lance des projets à même de mobiliser les étudiants. Exemple : la création d’une application web mettant en contact des jeunes en quête d’un foyer où passer shabbat avec des familles invitantes.


Parmi les futurs dirigeants du judaïsme français se trouvent sans doute des bénévoles du programme Hazac (« Fort », en hébreu). Une réussite depuis sa création en 2008. Le directeur du programme, Menahem Engelberg, explique que l’objectif est double : « rejudaïser » les petites communautés dépourvues de services cultuels à travers l’Hexagone, et inciter les jeunes issus de grandes communautés à consacrer du temps aux autres et s’investir en faveur de la pratique des mitzvot. Ces derniers sont répartis aujourd’hui en une quinzaine d’équipes de 6 membres chacune qui passent généralement 6 shabbats par an dans la même communauté locale ne disposant d’aucun espace juif en activité. Ils apportent de la nourriture estampillée par le beth din, préparent sur place les cuisines et les repas, animent les offices, délivrent un dvar Torah, organisent une soirée post-shabbatique… Ce « service civique » à visée religieuse rapproche les jeunes isolés en province du judaïsme et donne aussi l’occasion de nouer des amitiés ou des amours, puisque le programme Hazac se solde parfois par des mariages - d’autant plus que de gigantesques shabbats pleins réunissent de temps à autre plusieurs équipes de formateurs et groupes originaires de petites communautés. Une trentaine de rassemblements de ce genre ont déjà eu lieu à Arcachon, Evian, Lunéville, Bordeaux ou encore Montpellier.


Le recrutement se fait de bouche-à-oreille, mais le rav Mevorah Zerbib, chargé de la sélection et du suivi pédagogique des formateurs, est très sourcilleux en matière de connaissances rituelles ou d’aptitude à prendre la parole en public. C’est précisément cette expression publique et l’obligation d’organiser une série de prestations pour un groupe éloigné de la vie juive qui renforcent la confiance en eux-mêmes des jeunes de Hazac issus des grandes communautés et les préparent à assumer demain de vraies responsabilités au service du judaïsme français dans son ensemble.


Il existe aussi quelques équipes féminines composées de 2 membres. Elles vont à la rencontre des petites communautés le dimanche.


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