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Au-delà du regard ! par le rabbin Jacky Milewski

Dimanche 17 juillet 2016


« Voici un peuple sorti d’Egypte ; voici qu’il recouvre l’œil de la terre ! » (Nb 22, 5) s’écrie Balak à l’adresse de Bilam pour justifier sa demande de maudire les enfants d’Israël. Balak a parfaitement saisi la nature du peuple porteur de la Torah. Nature qu’il a saisie mais qui continue de le surprendre (le « voici », répété à deux reprises dans ce verset, connote toujours un effet de surprise). « Voici un peuple capable de s’extraire des limites, des frontières, que lui impose le monde de la matière (Mitsraïm désigne l’Egypte, et provient de métsar, frontière), voici un peuple capable de dépasser l’étroitesse de ce monde (tsar = étroit), de quitter cet espace qui nous fait croire que ce que l’on ne voit pas ou plus ou n’existe pas ou plus. Le voici qu’il recouvre l’œil de la terre, il recouvre le regard terrestre des choses, il porte un regard spirituel sur la vie et les gens ! ».

 

Précisément, Balak ne veut rien entendre de cette pensée de l’au-delà de la matière. Balak a deviné l’intuition révélée des hébreux ; il a aussi compris comment la brouiller. Il appelle Bilam, prophète des nations, à son aide : « Peut-être pourrai-je le frapper, et je le chasserai de la terre » (22, 6). Littéralement, le verset signifie « je le chasserai de mon territoire » mais en seconde lecture, le verset signifie : « je le chasserai mine haarets,  grâce à la terre, depuis la terre ; en imprégnant le peuple hébreu de la chose terrestre, d’une vision de l’existence purement terre à terre ! ». Du ciel, Balak veut en faire de la terre. Il a été rapporté au nom d’un grand Rabbi ‘hassidique que l’homme a été créé justement pour faire descendre le ciel sur terre.


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