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Paracha Tazria : La connaissance des siens par le rabbin Jacky Milewski

Jeudi 07 avril 2016


Lorsqu’une affection de la peau se déclarait, on emmenait l’homme en question chez un kohen pour que celui-ci se prononce sur la pureté ou l’impureté de celui qui était frappé dans ses tissus épidermiques pour avoir porté atteinte au tissu social par sa médisance. « Le kohen verra la plaie » (Lev 13, 3). Le visionnement de la plaie par le prêtre est fondamental pour le prononcé du diagnostic : « le prêtre le verra et il le déclara impur » (ibidem). Au-delà du rôle pratique du regard lors de l’auscultation, il semble que le regard participait, par son intervention, à la réparation des méfaits causés par une mauvaise utilisation de la parole. Avec un regard plus clairvoyant, plus distant de soi, plus compréhensif, l’homme n’aurait peut-être pas énoncé certains propos. C’est en changeant son regard que l’on transforme sa parole.


Le prononcé du diagnostic exige la présence d’un prêtre : « il sera emmené au prêtre » (Lev 13, 2). Mais si un kohen est touché lui-même par une affection de la peau, a-t-il le droit de s’examiner lui-même et de se déclarer pur ou impur ? La Michna de Negaïm (2, 5) répond sans équivoque : « un prêtre examine toutes les plaies exceptées celles qui le frappent lui-même ». Le verset dit bien : « il sera emmené au prêtre ». L’homme doit être conduit vers le prêtre. Le kohen ne peut s’auto-diagnostiquer. On imagine bien l’une des explications possibles à cette modalité : l’homme est trop proche de lui-même pour se juger objectivement, sans arrière pensée ni ruse de la conscience. Le kohen ne peut ici être son propre juge. Il a besoin, comme chacun, d’un prêtre incarnant la parole divine et gardien de la Torah et de la connaissance. C’est le caractère absolu et objectif de la loi qui aide l’homme à se juger, à se positionner lui-même dans l’économie morale du monde.


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