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Temple des Vosges : Conférence-débat de Julia Kristeva

Mercredi 20 janvier 2016


MERCREDI 20 JANVIER 2016 

à 20h00


Conférence-débat de Julia Kristeva


Comment peut-on être djihadiste ?

Comment interpréter le mal radical ? Comment le combattre ?



Julia Kristeva, née en Bulgarie,  travaille et vit en France depuis 1966. Elle est écrivain, psychanalyste, professeur émérite à l’Université Paris 7 – Diderot et membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris. Elle est également Docteur Honoris Causa de nombreuses universités aux États-Unis, au Canada, en Israël (université de Haïfa) et en Europe, où elle enseigne régulièrement.


Commandeur de la Légion d’Honneur (2015), première lauréate  en décembre 2004 du Prix Holberg, créé par le gouvernement de Norvège pour remédier à l'absence des sciences humaines dans le palmarès du Nobel, Julia Kristeva a obtenu le Prix Hannah Arendt en décembre 2006 et le prix Vaclav Havel en 2008.



Venez nombreuses et nombreux écouter et échanger avec une femme généreuse,  chaleureuse et d‘une rare intelligence !


RESERVATION OBLIGATOIRE synadesvosges@noos.fr,

A L’ISSUE DE LA CONFERENCE L’AUTEUR  DEDICACERA SES LIVRES

P.A.F. AU PROFIT DE LA TSEDAKA : 10€.

CONFERENCE PRESENTEE PAR PIA COHEN ET  CLAUDE BOCHURBERG










QUAND JULIA KRISTEVA DECRYPTE LE MAL RADICAL


Le 20 janvier en la Synagogue Charles Liché, s’est déroulée une soirée exceptionnelle avec la participation de Julia Kristeva, Commandeur de la Légion d’Honneur, philologue, psychanalyste, Pr émérite de Paris VII, dont l’œuvre couvrant le champ historique, social, et psychanalytique, est notoire.


Après sa présentation par Pia Cohen, amie de l’invitée depuis les états généraux du handicap en 2005, Julia Kristeva aborda la question du « djihadisme et du Mal radical », en développant la notion de « la pulsion de mort » qui « remplace le besoin pré-religieux, anthropologique de croire chez les adolescents qu’on dit « fragiles », « qui s’avèrent être le maillon faible où se délite, en abîme du pacte social, le lien hominien lui-même ».


Puis privilégiant le « pourquoi » au déni du « comment », Julia Kristeva exhorta « les responsables de la religion musulmane pour qu’ils invitent leurs coreligionnaires à questionner, historiciser, à contextualiser leur rituel », avant de décrypter : « la maladie d’idéalité » incombant aux ados comme aux adultes, en faisant valoir qu’il existait chez ces derniers un « besoin de croire » débouchant sur « le désir de savoir ». Aussi, ajouta l’écrivain : Parce que « l’adolescent est un croyant, que la foi veut tout, qu’elle est potentiellement intégriste comme l’est l’adolescent », il est sûr que cette croyance en la satisfaction du désir absolu ne peut que se heurter au réel, avec pour conséquences son lot de déceptions, et de poussée destructrice. Tel est l’état de « déliaison » mis en évidence par André Green, ajouta Julia Kristeva, avant d’exposer le cas clinique de Souad, une jeune fille, qui peu à peu, grâce aux soignants se réappropria le langage pour renouer avec l’environnement.


Enfin, pour remédier à ces phénomènes, Julia Kristeva recommanda que l’on fasse de la formation des enseignants une priorité, afin d’accompagner les adolescents.


A sa suite, le Grand Rabbin Olivier Kaufmann évoqua avec brio le lien existant avec le « Torath Haim, », en déclarant que : « la violence commençait avec l’emprise sur l’autre, et qu’à l’instar de Cain et Abel, le dialogue avorté portait en germe les stigmates du mal absolu », avant qu’un flot de questions ne fusent de la salle.



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