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Le Grand Rabbin de France en visite au Vatican

Lundi 20 avril 2015


Le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, s’est rendu le 20 avril au Vatican pour rencontrer le Pape François à l’initiative de la Conférence des Rabbins Européens (CER).

Pour la première fois depuis la création de la CER en 1956, une délégation de l’organisation, conduite par le Grand Rabbin de Moscou, Pinchas Goldschmidt et le Rabbin Moché Lewin, respectivement Président et Directeur exécutif de la CER, a été reçue par le Pape.

Ce chaleureux entretien a permis d’évoquer de nombreux sujets, parmi lesquels le génocide arménien (évoqué par le Pape quelque jours auparavant), la situation des migrants arrivant dans des conditions dramatiques sur les côtes italiennes, le sort des minorités religieuses et en particulier des Chrétiens d’Orient, ainsi que la préservation de la liberté religieuse.

Inquiet de la forte augmentation de l’antisémitisme en Europe, le Pape a déclaré : « Cette tendance est troublante, comme le sont certains actes de haine et de violence ». Il a appelé à une vive réaction chrétienne?: « Tout chrétien doit être ferme en déplorant toutes les formes d’antisémitisme et en montrant sa solidarité avec le peuple juif. »

Le Président de la CER, le Grand Rabbin de Moscou, Pinchas Goldschmidt, a aussi fustigé une « vieille Europe sécularisée ». Les juifs, a-t-il affirmé, y deviennent des « victimes collatérales » d’une offensive contre le radicalisme musulman?: « Au lieu de combattre les radicaux musulmans, la vieille Europe a riposté par une attaque de grande ampleur contre l’islam, interdisant la construction de minarets, le port du foulard pour les femmes, cherchant à interdire la viande halal et la circoncision ».

« Face à une tendance « laïcarde » croissante et une volonté de sécularisation, nous devons faire valoir l’apport des religions aux questions de société, comme récemment sur la fin de vie », a déclaré le Rabbin Moché Lewin, directeur de la CER. « Il ne s’agit pas de constituer un front des religieux mais de montrer ce sur quoi nous pouvons penser ensemble, sans que cela signifie penser de manière identique », a-t-il poursuivi.


« Le Pape s’en prend à la menace de l’athéisme, qui est la négation de la religion, mais pas à la laïcité, qui laisse la liberté à chacun de croire ou pas », a souligné le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, qui s’est entretenu séparément avec le pape François avant la rencontre avec les rabbins européens. Cette audience privée, sollicitée par le Grand Rabbin Korsia il y a plusieurs mois, avait pour objectif de consolider les liens entre judaïsme et christianisme, cinquante ans après la Déclaration Nostra Ætate sur les relations de l'Eglise avec les religions non chrétiennes.


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